Troyes, les expos « Tisser Matisse » et « Chagall de la palette au métier »

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Hier, je suis allée visiter Troyes pour la première fois. Cela faisait longtemps que j’avais envie de découvrir cette ville médiévale, mais c’est l’exposition « Tisser Matisse » au Musée d’art moderne de la ville qui m’a poussée à m’y rendre enfin et rapidement puisque l’expo se termine le 19 octobre.

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Les tapisseries d’après les œuvres de Matisse sont peu nombreuses car l’artiste avait, semble-t-il, une certaine réticence à l’égard des artisans lissiers qui réinterprétaient ses œuvres pour les transposer sous forme de tapisseries. C’est bien dommage, et du coup j’ai trouvé l’expo un peu décevante. Par contre, j’ai eu la bonne surprise de découvrir qu’il y avait une seconde expo d’art tissé depuis le 5 septembre, « Chagall de la palette au métier », qui était vraiment époustouflante (l’expo Chagall se termine le 11 janvier 2015).

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Les tapisseries d’après les œuvres de Chagall ont été réalisées par ou sous la direction d’Yvette Cauquil-Prince qui a développé sa propre technique de hachures, de mélanges de fils pour obtenir de subtiles nuances et, surtout, de combinaisons de laine cardée et de laine peignée qui donnent des effets de textures superbes.

Et bien sûr, malgré le temps très automnal, j’ai visité la ville :

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Journées de la laine à Felletin (3)- Techniques et machines

Dernière partie consacrée à mon séjour à Felletin pour les Journées nationales de la laine 2013.

Techniques et machines

Tout d’abord, le plus impressionnant, la visite de la filature artisanale Terrade avec sa grosse machine, dans un bruit assourdissant :

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L’entreprise familiale installée à Felletin depuis 1910 est l’une des dernières à transformer la toison en fils. On y découvre toutes les étapes : la préparation des laines, le cardage, le filage, le retors pour créer une laine solide, le bobinage et la mise en écheveaux, puis la teinture réalisée à l’oeil de façon totalement artisanale et sans aucun cahier de « recettes ».

La filature Terrade s’est spécialisée dans la création de fils sur-mesure pour les ateliers de tapisseries comme la manufacture Pinton.

Métier de basse-lisse dans les ateliers Pinton :

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La manufacture Pinton réalise également des tapis d’art avec la technique du hand-tuft. Le tapis est confectionné à partir d’une toile tendue qui peut être de très grande taille (le tapis qui était en cours de réalisation ne rentrerait même pas chez moi), sur laquelle l’artisan projette de la laine avec un pistolet :

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Le travail est réalisé sur l’envers (comme pour la tapisserie) :

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Comme pour la tapisserie, cette technique permet une grande créativité, chaque tapis est unique et réalisé sur-mesure à partir du dessin fourni par l’acheteur.

Le dimanche, j’ai suivi une initiation à la tapisserie de basse-lisse avec France-Odile Perrin-Crinière de l’Atelier A2. L’objectif était de comprendre le principe de la tapisserie et d’en mesurer les difficultés. Nous étions quatre personnes avec chacune un cadre en bois:

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et un dessin composé de lignes droites et courbes à reproduire :

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Le tapissier, appelé « lissier » ou « licier », travaille toujours sur l’envers. Chaque changement de couleur l’oblige à interrompre le fil de trame utilisé et à faire une sorte de noeud. Ainsi la face du travail est parsemée de bouts de fils. Lorsqu’il utilise un métier de basse-lisse (et non un cadre comme sur la photo ci-dessus), il n’a sous les yeux qu’une partie de la tapisserie qui, à mesure de son avancement, est enroulée sur le rouleau devant lui (« l’ensouple »). Pour vérifier son travail, il utilise un miroir qu’il passe sous le métier pour regarder l’endroit de sa tapisserie. Les fils de trames sont passés à l’aide de flûtes en bois.

Au salon des créateurs, il y avait différents petits cadres pour la tapisserie et le tissage, je pense que c’est un achat que je ferai très bientôt, car cela permet de faire des petits tableaux tissés décoratifs de façon plus pratique qu’avec mon Knitter Loom plutôt utile pour les vêtements et accessoires :

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Il y avait aussi de très beaux métiers à tisser :

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Et évidemment des rouets :

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Par contre, j’espérais voir de jolis fuseaux mais à part les fuseaux Ashford du stand Artifilum, je n’ai pas vu de fuseaux à vendre.

Ma visite virtuelle des journées de la laine se termine là. Tout m’a passionnée et j’ai déjà décidé d’y retourner l’année prochaine !

J’espère vous avoir donné envie d’y aller (les épisodes 1 et 2 de ma visite sont ici et ). Pour les Parisiennes sans voiture qui hésiteraient (j’en connais plusieurs) : le transport se fait assez facilement (il y a des lignes de cars), et puis en passant par Ravelry, on peut prendre contact avec de gentilles tricoteuses qui ont une voiture (merci Elise ! 😉 ).

Journées de la laine à Felletin (2) – Couleurs

Des couleurs

J’en ai pris plein les yeux à Felletin, pour les Journées nationales de la laine…

ça commençait bien dès Aubusson, avec la vitrine de la librairie consacrée au tricot et autres travaux d’aiguilles :Librairie Aubusson

Arrivée à Felletin, je découvrais que la petite ville avait revêtu ses plus beaux habits de laine (sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir Bécassine, la mascotte du café-tricot de Tulle, qui pose fièrement devant le yarnbombing) :Yarnbombing6

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Yarnbombing7Malheureusement j’ai manqué la rue des poteaux : le clou du spectacle, en plus (plusieurs dizaines de tricoteuses qui se sont approprié un poteau chacune, le samedi après-midi, pour le décorer à leur guise) !!! (Aline, j’attends tes photos avec impatience et je mettrai un lien vers ton blog ici : les photos d’Aline )

J’ai beaucoup aimé l’exposition « Habiter la laine » à la salle polyvalente qui présentait certaines des plus belles pièces des artistes présents. C’était en particulier une très jolie vitrine pour la technique du feutrage. J’ai adoré les chiens et l’univers humoristique de Birgit Nagelke.

Le vendredi, certains artistes présentaient leur parcours et leurs oeuvres, comme Gulnur Mukazhanova : cette artiste kazakh, feutrière et photographe, est actuellement en résidence à la Métive, lieu de création artistique implanté dans le moulin de l’abbaye de Moutier-d’Ahun.

Et à la manufacture de tapisseries d’art Pinton, c’était une véritable explosion de couleurs :Pinton1

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Pinton7Il ne faut pas manquer la visite des ateliers Pinton, c’était extraordinaire de faire cette visite avec le coloriste-cartonnier de l’entreprise et de découvrir son immense savoir-faire.

A suivre… (l’épisode 1 est ici)